A compter du 1er janvier 2026, la législation sur les DPE évolue pour les locations saisonnières. Alors que les locations longue durée pourront être classées de A à F, les meublés de tourisme français devront être classé de A à E. Les exigences thermiques deviennent donc plus strictes pour les locations touristiques, ce qui peut paraître paradoxal dans la mesure où elles n’étaient jusqu’ici soumises à aucune obligation de DPE. La loi LE MEUR en a décidé ainsi.

Et peu importe que les locations saisonnières ne soient louées que l’été, avec un chauffage souvent réduit à un simple appoint : elles devront tout de même disposer d’un DPE n’excédant pas la classe E, y compris lorsqu’il s’agira de résidences secondaires louées quelques semaines par an. 

Pour compliquer la donne, les critères des diagnostics de performance énergétique ont évolué en 2021. Un DPE antérieur au 31 juillet 2021 était basé sur la consommation réelle, tandis que les diagnostics réalisés après cette date reposent sur un modèle théorique évaluant la performance d’après la nature des matériaux. 

C’est ainsi qu’un couple propriétaire d’une résidence secondaire à l’Ile d’Yeu, disposant d’un diagnostic établi début 2021 comportant la lettre E, se retrouve en 2025 avec un diagnostic affichant la lettre…G, entraînant de facto une interdiction de louer. Le bien concerné est une maison en pierre de pays, surélevée dans les années 50. Les matériaux ne sont donc pas homogènes. Pourtant, le toit est isolé et, en 2025, les propriétaires ont remplacé les fenêtres par du double vitrage en chêne ainsi que le chauffe-eau, désormais basse consommation. Malgré cela, le nouveau diagnostic préconise de changer à nouveau toutes les fenêtres pour un modèle encore plus performant, et de remplacer le chauffe-eau flambant neuf par un système solaire. 

Les autres travaux recommandés sont, pour la plupart, irréalistes.

  • L’isolation par l’extérieur est impossible : la maison est située dans un périmètre protégé (à moins de 500 mètres d’un monument historique et dans une zone inscrite au titre des sites). 
  • L’installation d’une pompe à chaleur est également exclue pour la même raison (et faute d’espace extérieur privatif).

Resteraient les travaux proposés d’isolation intérieure des murs et du sol du rez-de-chaussée. Mais l’un des murs soutient un escalier qui, une fois le mur isolé, serait rétréci de 10 cm et deviendrait trop étroit ; un autre mur isolé réduirait la chambre au point d’obliger à remplacer le lit double par un lit simple. Le carrelage des années 50, posé selon un motif géométrique élégant, disparaitrait sous un sol surélevé. Bref, les travaux nécessaires pour passer de G à E reviennent à dénaturer, voire à reconstruire la maison !  

Un texte récemment voté par l’Assemblée Nationale ne les rassure guère : il y est question d’une nouvelle taxe sur les résidences secondaires ! https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/1906A/AN/1590
Cet amendement adopté crée une contribution unifiée sur les logements non affectés à la résidence principale, fusionnant la taxe sur les logements vacants et la taxe sur les résidences secondaires. Le Sénat devra bientôt se prononcer. 

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